Les Lilas_

Le pavillon existant, de la première moitié du XXème siècle, se développe en R+1 avec combles non-aménagés et un garage à RDC. Le projet consiste en la rénovation de la maison existante, (ravalement complet, isolation extérieure, harmonisation des menuiseries extérieures) et la surélévation de la toiture afin de rendre les combles habitables.

La nécessité de surélever la toiture naît du désir d’aménager un salon de musique, les habitants étant musiciens. Le panorama exceptionnel qu’offre la vue au Nord depuis les combles offre un cadre propice à l’inspiration, la pratique et l’écoute de cet art.

Le bâtiment, qui appartient à une catégorie de bâti que l’on peut qualifier de “mineure” en ce qui concerne sa qualité architecturale, est intéressant car il représente bien la condition “pavillonnaire” de la banlieue de la ville de Paris. Il s’inscrit à juste titre dans cette catégorie de la ville “vernaculaire” et d’une “architecture sans architectes” qui caractérise une grande partie de ces zones périphériques et qui en motive le charme.

Le projet travaille sur une caractéristique importante de la ville pavillonnaire qui est celle de l’accroche au ciel articulée de ses toits. Les toitures, composantes caractéristiques du paysage architectural français, produisent des jeux volumétriques articulés au-dessus de la ligne des corniches, et mettent ainsi en jeu le vaste spectacle des cieux de France; elles offrent souvent des volumétries inattendues dans les lumières de contre-jour, ou lorsqu’elles sont sous la lumière rasante du soleil matinal ou de fin d’après-midi.

Le projet de surélévation dont il est question s’inscrit dans le registre basé sur cette analyse du contexte urbain, et sur cette réflexion concernant le rôle urbain et paysager du couronnement, contribuant au caractère spécifique de la rue.

La forme rythmée de la toiture s’intègre ainsi dans le panorama urbain de la ville des Lilas, riche de variations en termes de volumes, d’effets de lumière et de matériaux. L’accroche de la lumière et les jeux d’ombres induits par cette composition du couronnement répond à celle si particulière des toits de la Ville.

La surélévation coiffe la maison existante d’un volume en bois,. Dans le souci d’une bonne intégration dans le contexte urbain, la surélévation s’inscrit dans un traitement architectural contemporain alliant toitures en pente et volumes émergents en retrait des façades principales, venant coiffer de manière harmonieuse la maison existante d’une enveloppe en bois, tout en restant dans la logique des toits et volumétries observés sur les architectures avoisinantes. L’inscription de cette intervention  est pensée en fonction du contexte existant, notamment en trouvant des continuités d’échelle et de formes avec le souci d’un développement durable.

Le premier niveau, accueillant les pièces à vivre, est relié au jardin grâce à la création d’un escalier extérieur, en métal laqué blanc.

Les volumes en toitures, traités en puits de lumière au-dessus du salon de musique (par 2 châssis de toit), permettent d’augmenter ponctuellement le volume habitable des combles, et donnent au logement des qualités spatiales et d’éclairage en créant des espaces inattendus.

Un travail sur le dessin du bardage en bois en façade est mené dans le souci d’intégration mutuelle de l’ancien et du nouveau. Ce dessin, doublé d’une étude attentionnée sur le rythme et la forme des nouvelles ouvertures au dernier niveau, permet de rééquilibrer les proportions “aléatoires” des vides et des pleins de la construction existante, en donnant de nouvelles hiérarchies. Les encadrements en bois font le lien avec la nouvelle toiture.

L’ensemble de la surélévation (façades, toitures) est revêtu de bois (essence Mélèze, bois sans tanin choisi pour sa durabilité). Seules les toitures des volumes émergents, à très faible pente, sont en zinc naturel.

Les matériaux utilisés pour les façades, enduit blanc et bois à clair voie à lames verticales, sont choisis de manière à accompagner harmonieusement l’intervention contemporaine sans dénaturer la construction existante.

FICHE TECHNIQUE

Maîtrise d’œuvre : Next Architectes Paris

Maîtrise d’ouvrage : Privée

BET Structure : Oregon

Entreprises :

Programme : Rénovation et surélévation d’une maison individuelle

Lieu : Les Lilas (93)

Surface :  135 m2 SDP

Coût : 0,2 M € HT

Livraison : 2021